Une figure évanescente, féminine, enfantine, un regard fixe, un peu perdu. Tout autour, un univers instable, scintillant, indéfini, qui la laisse pourtant indifférente, imperméable au chaos qui l'environne. « Kodomo ni fumuki » (Inapproprié pour les enfants, en japonais) est une série de portraits troublants au graphisme aléatoire, oscillant entre calligraphie et graffitis, réalisée par Marlène-b. Le personnage féminin, décliné dans chaque oeuvre, illustre la pureté de l'enfance confrontée au trouble de l'adulte. Malgré la fraîcheur du style, abondamment inspiré des dessins animés japonais qui ont traversé sa jeunesse, l'ensemble est trop agité, trop préoccupé pour appartenir vraiment au monde de l'enfance. La manga amérindienne de Marlène-b, symbole de l'âge innocent, s'inscrit dans une démarche artistique issue autant de l'exploration numérique d'une image en mutation, de sa matière et de sa texture, que des réflexions personnelles de l'artiste sur ses propres peurs et inquiétudes.
Depuis quelques années, Marlène-b explore l'esthétique de la spontanéité. Chaque geste, chaque trait, chaque signe s'exprime d'abord indépenamment de sa volonté dans la plus grande liberté. Elle se joue ainsi de l'autocensure, le vide occupe l'espace et seul compte le rituel de l'artiste en mouvement. Ordinateur, numérisateur et imprimante sont sa toile, ses pinceaux et sa peinture, au même titre que l'aquarelle, l'encre de chine et la plume. C'est alors un jeu de construction qui commence spontanément et s'organise par la superposition, l'inversion et la fragmentation d'une nouvelle réalité, transformée par la machine.
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